VOS REPERES
ActuPharma
Référentiel 2011
Editorial
Marqueurs de performance 2010
Marqueurs de gestion 2010
Nos enseignements pour l'avenir...
Statistiques

2008 : Retour sur la crise financière qui ébranle les places mondiales…

 

La crise que connaît aujourd’hui le monde boursier débute dès l’été 2007. Les spécialistes la datent précisément du 09 Août 2007, date du début de la crise de confiance. Avant d’être une crise financière majeure, elle a d’abord été une crise immobilière et une crise bancaire classiques sur lesquelles il faut revenir.

 

De la Crise Immobilière à la Crise Bancaire

Les logiques de crédit diffèrent grandement entre les Etats-Unis et l’Europe Occidentale. Alors qu’en France, notamment, le prêteur s’attache à la capacité de remboursement liée aux revenus du ménage pour accorder ses prêts, certains banquiers américains ont accordé des prêts immobiliers en fonction de la garantie que le ménage pouvait apporter et non en fonction de ses revenus.

Ainsi, des ménages peu solvables ont pu bénéficier de crédits importants pour acquérir leur logement qui était hypothéqué au profit de la banque. Cette logique est viable tant que l’immobilier garde une forte valeur. Ainsi l’emprunteur peut, en cas de difficultés, revendre volontairement son bien et en tirer une plus-value. En cas de défaillance, la banque peut alors saisir le bien, le vendre et se rembourser.

Ces crĂ©dits hypothĂ©caires accordĂ©s Ă  des mĂ©nages « risquĂ©s Â» sont appelĂ©s des subprimes et reprĂ©sentaient aux Etats-Unis environ 20% du montant des crĂ©dits immobiliers accordĂ©s.
Leur succès auprès des banques est expliqué par leurs taux d’intérêt. En effet, les banques vont couvrir le risque d’insolvabilité qu’elles supportent en demandant des taux d’intérêt plus importants.
Cependant, dans le cas des subprimes, les taux fixes des premières années étaient volontairement bas pour attirer les emprunteurs et se transformaient par la suite en taux variables, indexés sur le taux de la Réserve Fédérale Américaine et augmentés d’une marge (spread) telle qu’ils étaient plus élevés que les taux des crédits accordés à des ménages solvables. La FED a offert jusqu’en 2004 des taux directeurs bas, ce qui a permis aux ménages subprimes de rembourser leurs échéances.

Le système se grippe entre 2004 et 2007 : les taux directeurs de la FED sont rehaussĂ©s. Des mĂ©nages ne peuvent plus faire face Ă  leurs Ă©chĂ©ances et leurs biens immobiliers sont saisis.

De plus, le marché de l’immobilier connaissait déjà une légère baisse depuis 2006. Cette arrivée massive de logements à vendre a entraîné une chute des prix très rapide et très importante.
Deux consĂ©quences : au niveau social, de nombreux foyers amĂ©ricains sont privĂ©s de toit ; au niveau bancaire, les Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s en prĂŞts subprimes ne peuvent plus obtenir le remboursement de leurs prĂŞts et les grandes banques qui les finançaient accĂ©lèrent leur faillite en leur demandant des remboursements anticipĂ©s. C’est le dĂ©but de la Crise Bancaire.

 

De la Crise Bancaire à la Crise Financière

Une Crise bancaire classique se serait limitée à ces établissements précis en mettant à mal les banques générales qui les finançaient ou les détenaient (suppression d’emploi, pertes…).
Or depuis la rentrĂ©e 2008, les faillites bancaires se multiplient : Comment la crise des subprimes s’est-elle rĂ©pandue ?

Ce rĂ©sultat est l’œuvre d’innovations financières courantes depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000 : les banques ont titrisĂ© leurs crĂ©ances subprimes. Elles ont regroupĂ©es certaines de leurs crĂ©ances illiquides dans des structures juridiques spĂ©cifiques. Celles-ci se financent sur le marchĂ© en Ă©mettant des titres aisĂ©ment nĂ©gociables, acquis par des investisseurs, notamment les fonds d’investissement. Les banques transfĂ©raient ainsi le risque de crĂ©dit qu’elles supportaient vers d’autres institutions, intĂ©ressĂ©es par le rendement Ă©levĂ© liĂ© aux taux d’intĂ©rĂŞt supĂ©rieurs des crĂ©dits subprimes. Cependant, ces transferts n’ont pas Ă©tĂ© totaux et la dĂ©faillance des mĂ©nages a rĂ©ellement pesĂ© sur les Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s.

Ensuite, les transferts qui ont eu lieu à travers ces titres étaient cependant suffisants pour mettre à mal les fonds d’investissement qui les ont achetés. Plusieurs, célèbres pour certains, ont fait faillite.

Enfin, ces fonds étaient financés ou détenus par les grandes banques. L’effondrement des valeurs des fonds entraîne la perte de valeur des actifs détenus par les banques, qui sont cette fois touchées de façon indirecte.

NaĂ®t alors ce qu’on a appelĂ© une crise de confiance. Les banques se ressourcent en principe en empruntant les unes aux autres. L’absence de transparence entre les banques ne permet pas de savoir quelle banque dĂ©tenait directement ou indirectement des titres liĂ©s au risque des subprimes et donc devenait risquĂ©e. Les banques ne veulent donc plus se prĂŞter : la crise bancaire s’étend et devient une crise de liquiditĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

La crise touche de plein fouet les MarchĂ©s Financiers : les fonds d’investissement font faillite alors qu’ils sont des acteurs fondamentaux des marchĂ©s, la crise de confiance inquiète les investisseurs, les places boursières mondiales s’effondrent dans les premiers jours d’Octobre.

 

Contamination de l'économie réelle

Bien que virtuel, le monde des marchĂ©s financiers rencontre l’économie rĂ©elle : le moral des mĂ©nages, vital en Ă©conomie, est en berne, les banques durcissent leurs conditions d’obtention du crĂ©dit (renforcement des critères de sĂ©lection pour Ă©viter la majoritĂ© des risques, hausse des taux d’intĂ©rĂŞts…) : les mĂ©nages ne trouvent plus les ressources nĂ©cessaires Ă  leur consommation et, plus grave encore, les chefs d’entreprise peinent Ă  financer leurs investissements, indispensables Ă  la croissance. Chacun de ces acteurs Ă©conomiques doit alors adapter sa « stratĂ©gie Â» :

Deux stratĂ©gies de consommation peuvent ĂŞtre imaginĂ©es : soit la recherche des produits habituels mais Ă  coĂ»t limitĂ©, soit l’abandon des produits rĂ©pondant Ă  des besoins secondaires. Une analyse rapide de l’économie gĂ©nĂ©rale semble aujourd’hui prĂ©fĂ©rer la seconde hypothèse, avec les domaines des loisirs, de l’immobilier, de l’habillement qui souffrent d’un ralentissement parfois spectaculaire.
Cependant, une analyse plus prĂ©cise au niveau de la consommation pharmaceutique et parapharmaceutique semble dĂ©mentir cette thĂ©orie : pour le moment, les grandes Pharmacies qui offrent des prix bas n’enregistrent pas de diminution dans la consommation des produits de cosmĂ©tologie, voire une augmentation qui naĂ®t d’un phĂ©nomène de transfert de la Clientèle de la petite Pharmacie sans politique de prix Ă  ces gĂ©ants aux politiques Ă©tudiĂ©es.

Quant aux professionnels, les investissements en période de gel des conditions bancaires sont limités, que ce soit des investissements nécessaires à l’activité (renouvellement des immobilisations) ou des investissements synonymes de croissance externe (acquisition de nouveaux locaux, de nouveaux matériels, réinstallation…). Il risque donc de s’ensuivre des politiques de réduction des coûts d’exploitation et surtout des pertes d’opportunités, notamment lors de l’installation d’un Pharmacien qui, ne bénéficiant pas des conditions normales de crédit, devra renoncer à une Officine dont le plan de financement aurait été auparavant équilibré du seul fait de son activité.

Devant les faillites bancaires, beaucoup ont pensĂ© Ă  retirer leur argent des banques. Ce comportement est motivĂ© par la peur et ne ferait en vĂ©ritĂ© qu’aggraver la situation : demander massivement le retrait de ses dĂ©pĂ´ts aux banques, dont certaines sont saines et ne font que pâtir aujourd’hui de l’image nĂ©gative du monde de la finance, alimenterait leurs difficultĂ©s.

 

Les Solutions Etatiques

Pour les professionnels du Chiffre, la crise actuelle est le reflet de certaines dĂ©faillances des agences de notation tout d’abord et des normes comptables ensuite. Les agences de rating internationales auraient dĂ» noter les actifs en fonction de leur risque et ainsi prĂ©venir la crise. Or, jusqu’à la veille de l’effondrement de la « bulle subprimes Â», ces titres risquĂ©s ont reçu des notes Ă©levĂ©es, synonymes en principe de placement peu risqué… Leur rĂ´le doit donc ĂŞtre revu et renforcĂ©. Quant aux normes comptables,  elles imposent la comptabilisation Ă  la juste valeur (fair value) qui correspond Ă  la valeur de marchĂ©. Les banques doivent aujourd’hui enregistrer des dĂ©prĂ©ciations phĂ©nomĂ©nales destinĂ©es Ă  retranscrire la perte de valeur des titres cotĂ©s qu’elles dĂ©tiennent. Ces writedowns accĂ©lèrent les pertes enregistrĂ©es par les institutions financières en cas de crise. En effet, la perte de valeur irrationnelle de certains titres, qui souvent ne correspond pas aujourd’hui Ă  la valeur patrimoniale de ces entreprises cotĂ©es, entretient le climat de mĂ©fiance.

Pour sortir de la crise, AmĂ©ricains et EuropĂ©ens ont votĂ© des « plans de sauvetage Â» du secteur bancaire, qui dĂ©montre encore ici son rĂ´le essentiel dans la croissance Ă©conomique.

Le plan Paulson, premièrement, envisage le rachat par l’Etat amĂ©ricain des « actifs toxiques Â» (fondĂ©s sur les subprimes) des banques amĂ©ricaines Ă  hauteur de 700 milliards de dollars afin de limiter la crise de liquiditĂ©. De nombreuses critiques se sont Ă©levĂ©es contre ce plan qui reprĂ©sente un engagement sans prĂ©cĂ©dent de l’Etat libĂ©ral amĂ©ricain dans l’économie, un engagement auprès des banques d’investissement qui spĂ©culaient depuis longtemps sur les marchĂ©s financiers et surtout un engagement qui pèsera sur les citoyens amĂ©ricains. Cette dernière critique doit ĂŞtre relativisĂ©e : l’Etat amĂ©ricain n’injecte pas des liquiditĂ©s dans le marchĂ© amĂ©ricain mais achète des actifs qui sont, certes, de valeur très faible aujourd’hui, mais qui continuent Ă  ĂŞtre remboursĂ©s par les hypothèques. Cet engagement de l’Etat amĂ©ricain augmente donc massivement la dette publique mais pourra ĂŞtre en partie supportĂ© par les rentrĂ©es d’argent liĂ©es Ă  la dĂ©tention de ces actifs.

Le G15 a, quant Ă  lui, dĂ©cidĂ© d’un « plan europĂ©en Â» qui est en rĂ©alitĂ© une ligne de marche commune que chaque pays doit ensuite adapter. Les Etats s’engagent Ă  garantir le refinancement auprès des banques : la banque qui demandera cette aide devra supporter des intĂ©rĂŞts Ă©levĂ©s et justifier de l’utilisation pour l’économie nationale des fonds allouĂ©s.
Dans un second temps, et de façon subsidiaire, les Etats pourraient recapitaliser les banques qui le nĂ©cessitent, c'est-Ă -dire acheter des actions de ces banques pour leur apporter des fonds propres et ensuite les revendre quand la situation s’amĂ©liorera : il s’agit donc d’une nationalisation…temporaire uniquement.

Le plan français, voté par le Parlement malgré l’abstention socialiste et l’opposition communiste, prévoit un soutien de 360 milliards d’Euros, le plan allemand 480 milliards, le plan britannique 382 milliards… au total, 2000 milliards au niveau européen, de quoi, on l’espère, enrayer la crise financière.

Thomas Leonetti   

 

Retour haut de page

 
 

 
 
Société Anonyme d'Expertise Comptable inscrite au Tableau de l'Ordre
2 avenue des Marronniers - 94736 NOGENT SUR MARNE - Tél : 01.43.94.66.66
contact@cabinetquercysa.com